Sur une menuiserie bois des années 1980, le simple vitrage d’origine laisse passer le froid au toucher. On décide de passer au double vitrage sans changer le cadre. Le chantier paraît accessible, mais c’est la préparation de la feuillure qui fait la différence entre une pose durable et un vitrage qui condense dès le premier hiver.
Compatibilité entre double vitrage et feuillure existante
Avant de commander quoi que ce soit, on mesure trois cotes sur la feuillure : largeur, hauteur et profondeur. La plupart des guides s’arrêtent aux deux premières. La profondeur, c’est pourtant elle qui détermine si le nouveau vitrage tiendra dans le cadre bois ou PVC existant.
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Une feuillure taillée pour du simple vitrage fait souvent moins de 20 mm de profondeur. Un double vitrage standard (type 4/16/4) affiche une épaisseur totale bien supérieure. Si l’écart dépasse la tolérance, on ne peut pas forcer : la feuillure ne tolère aucun écart sur l’épaisseur du vitrage. Il faut alors soit adapter la parclose, soit envisager un vitrage sur mesure avec une lame d’air réduite, ce qui modifie les performances d’isolation thermique.
Sur une fenêtre en rénovation, on relève aussi l’état du bois autour de la feuillure. Toute trace de pourriture ou de déformation compromet l’étanchéité périphérique. Mieux vaut traiter ou reprendre le cadre avant la pose plutôt que de masquer le problème avec du mastic.
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Pose de double vitrage sur menuiserie bois : la séquence DTU 39
Le DTU 39, qui encadre la mise en œuvre des vitrages en France, impose une logique de pose plus technique que ce qu’on lit habituellement. Voici la séquence concrète pour un remplacement sur châssis bois existant.
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On commence par retirer les parcloses en insérant un ciseau à bois fin entre la parclose et le cadre, en partant toujours par la plus longue. Le geste doit être progressif pour ne pas abîmer le bois. Une fois le vitrage d’origine sorti, on nettoie la feuillure à fond : résidus de mastic, poussière, éclats.
Vient ensuite un point que beaucoup de particuliers négligent : les cales d’assise normalisées se placent avant le vitrage. Ces petites pièces en plastique, positionnées au bas de la feuillure, empêchent le double vitrage de reposer directement sur le bois. Elles assurent aussi le calage latéral pour répartir le poids.
- Vérifier que les trous de drainage en partie basse de la feuillure sont dégagés, pour éviter toute stagnation d’eau entre le cadre et le vitrage.
- Appliquer un cordon de mastic silicone neutre sur le fond de feuillure avant de poser le vitrage, jamais de mastic acide qui attaque les joints du double vitrage.
- Repositionner les parcloses en commençant par les plus courtes, en laissant un jeu régulier, puis fixer avec des pointes sans tête.
Cette séquence paraît simple sur le papier. En pratique, le calage demande un peu de patience : un vitrage mal calé provoque des contraintes sur les bords qui peuvent fissurer le verre ou déformer le cadre sur le long terme.
Sens de pose du double vitrage : couche basse émissivité côté intérieur
Chaque double vitrage à isolation thermique renforcée intègre une couche basse émissivité sur l’une de ses faces. Cette couche, invisible à l’oeil nu, réduit la déperdition de chaleur vers l’extérieur. Un vitrage posé à l’envers perd une partie significative de ses performances thermiques.
Pour repérer le bon sens, on cherche la pastille autocollante apposée par le fabricant. La face portant cette pastille doit être orientée vers l’intérieur de la pièce. Sur le schéma classique d’un double vitrage 4/16/4, c’est la face 3 (côté lame d’air, vitre intérieure) qui porte le traitement. On oriente donc cette face 3 vers l’extérieur de la lame de gaz, ce qui place la couche du bon côté pour renvoyer la chaleur vers l’intérieur du logement.
Si la pastille a été retirée ou n’est plus visible, on peut utiliser la flamme d’un briquet approchée du vitrage : parmi les quatre reflets visibles, celui qui présente une teinte légèrement différente (souvent violacée) indique la face traitée. Les retours varient sur la fiabilité de cette méthode selon le type de traitement, mais elle reste le principal recours en l’absence de marquage.

Contraintes thermiques liées aux stores et volets partiels
On pense rarement aux accessoires extérieurs quand on pose un double vitrage, et c’est une erreur. Un store à demi baissé ou un volet partiellement fermé crée une zone d’ombre localisée sur la vitre. La partie exposée au soleil chauffe, la partie à l’ombre reste froide.
Cette différence de température génère des contraintes thermiques non uniformes dans le verre. Sur un vitrage standard, le risque de casse thermique augmente nettement. Le phénomène concerne surtout les fenêtres exposées plein sud ou sud-ouest, avec des doubles vitrages à couche absorbante ou teintée.
Pour limiter ce risque, on évite de laisser un store ou un volet à mi-course pendant les heures d’ensoleillement direct. Si la configuration de la fenêtre impose un masque partiel permanent (avancée de toiture, brise-soleil fixe), il vaut mieux en informer le vitrier ou le fournisseur au moment de la commande : un verre trempé ou durci absorbe bien mieux ces écarts qu’un verre recuit classique.
Mastic, joint et étanchéité : ce qui fait durer la pose
Le choix du mastic d’étanchéité est aussi déterminant que le vitrage lui-même. Un mastic silicone neutre est le seul compatible avec les joints périphériques du double vitrage. Un mastic acétique (reconnaissable à son odeur de vinaigre) attaque le joint de scellement entre les deux vitres et provoque, à terme, une infiltration d’humidité dans la lame d’air. Résultat : de la buée permanente entre les deux verres, sans possibilité de réparation.
On applique le cordon de mastic de manière continue, sans interruption, sur tout le pourtour. L’épaisseur du cordon doit être régulière pour garantir une compression homogène quand la parclose vient plaquer le vitrage. Un excès de mastic déborde et salit le verre, un manque crée un pont d’air.
Après la pose, on laisse le mastic polymériser au moins 24 heures avant de manipuler l’ouvrant. Nettoyer les bavures au cutter une fois le mastic sec donne un résultat plus propre que de les essuyer immédiatement.
Le double vitrage posé dans les règles sur une menuiserie saine tient plusieurs décennies. Ce qui raccourcit sa durée de vie, ce n’est pas le verre : c’est presque toujours un défaut d’étanchéité périphérique ou un calage insuffisant qui provoque les premiers désordres.

